Congrès mondial à Bordeaux : dynamiques sectaires et radicalisation

, par Philippe Loquay. Catégorie : Au Club

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250 participants. 20 pays représentés. Le Congrès annuel de l’ISCA,  l’Association internationale d’études sur les sectes se tient en France, à Bordeaux. C’est une première. Les organisateurs ont choisi de rencontrer les journalistes, au Club. 

Au programme de ce Congrès : des conférences et des ateliers dédiés d’une part à la manipulation mentale et d’autre part à la radicalisation religieuse. Selon la courte étude menée en Gironde, « nous n’avons pu nous pencher que sur 43  personnes  radicalisées dans le département et nous n’avons  pu établir de manipulation mentale dans ces cas étudiés », pas de lien systématique donc selon Maître Picotin, qui poursuit ses recherches. Cet avocat girondin connu pour avoir défendu la famille manipulée à Monflanquin a créé la Société Française de Recherches et d’Analyse en Emprise Mentale. La SFRAEM co-organise le congrès.

Sur ce qui engendre la radicalisation Michael Langone, psychologue clinicien américain et directeur général de l’ISCA a d’autres conclusions : « nous nous sommes intéressés au djihadisme après les attentats du 11 Septembre et nous avons observé des liens entre l’emprise mentale et la dérive sectaire ».

Lors de ce Congrès auquel participent avocats, spécialistes de la santé mentale, chercheurs, victimes, proches de victimes, les focus sont doubles.

Tout d’abord, il faut sensibiliser et informer. « Nous sommes tous des cibles, des victimes potentielles » répètent les spécialistes présents « on devrait éduquer les enfants comme on le fait sur le sida ou la drogue » conseille Me Picotin. Par ailleurs, il réclame un lieu pour les victimes, « il existe aux Etats Unis et dans plusieurs pays européens des centres dédiés, et ça marche, nous en France ne proposons que des séances chez le psy mais cette prise en charge est insuffisante. Les victimes se sentent souvent complètement perdues ! Une de mes clientes ne savait même plus si en ouvrant la porte de chez elle, elle avait le droit d’aller à gauche ou à droite ! », raconte Maître Picotin, avant de conclure : « il est primordial de se nourrir de la recherche mondiale ».

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