Festival de Journalisme de Couthures : Sept thèmes sur la profession aujourd’hui

, par Club de la Presse. Catégorie : Profession

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Pendant trois jours, du 12 au 14 juillet, autour de grands sujets d’actualité, le village de Couthures-sur-Garonne (47) se transforme, au rythme des conférences, rencontres, spectacles, animations. Sans oublier les repas où festivaliers et journalistes se mêlent pour continuer la discussion jusque tard dans la nuit.

Le Festival International de Journalisme de Couthures-sur-Garonne en est à sa quatrième édition. Parrainé et organisé par le Groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, Courrier International, La Vie, Huffington Post et Le Monde), il a pour partenaires médias Sud Ouest, France 3 Nouvelle Aquitaine, El Païs, Far Ouest, Le Temps, Radio Campus, Radio Parleur.

Cette année, sept thèmes feront l’objet de débats et tables rondes: « La crise écologique et moi », « L’école française est-elle si nulle ? », « Journalistes, pourquoi tant de haine(s) ? », « Les journalistes sont-ils au-dessus des lois ? », « Pourquoi les questions de genre nous passionnent ? », « Quand journalistes et écrivains inversent leurs rôles » et « Tunisie : attention chantier ! ».

Voici les intervenants prévus (pour plus de détails sur le programme, voir le site du festival).

L’urgence écologique et moi

Avec Camille Choplin, Cécile Duflot, Jon Henley, Audrey Jacquet, Anne Monloubou, Anne-Sophie Novel, Jérémie Pichon, Audrey Pulvar, Olivier Razemon, Simon Roger et Marie-Monique Robin.

Vingt ? Trente ans ? Il nous reste à peine une génération pour atténuer le réchauffement de notre planète. Agir, oui mais comment ? Face à l’inertie des Etats, faut-il privilégier l’action citoyenne locale ou miser sur l’engagement politique ? Les crises migratoire et des « gilets jaunes » l’ont montré : entre les priorités de Nicolas Hulot et celles des « gilets jaunes », il y a un monde. Pourtant de monde, nous n’en avons qu’un. Et si l’urgence climatique était l’occasion de repenser la justice sociale ?

L’école française est-elle si nulle ?

Avec Carole Barjon, Nathalie Brafman, Libie Cousteau, Emmanuel Davidenkoff, Judith Grumbach, Pierre Mathiot, Monica Neagoy, Aymeric Patricot, Nadia Pantel, Emmanuelle Piquet, Fabienne Rosenwald, Emmanuel Vaillant, Najat Vallaud-Belkacem.

Notre école est-elle si nulle ? La question résonne comme une provocation, et pourtant, elle n’est pas « hors-sol » : d’un palmarès à l’autre, les élèves français ne briguent pas les premières places des podiums. Dans les médias, dans l’arène politique, le discours sur l’école est alarmiste, voire décliniste. Des contenus enseignés aux méthodes adoptées : rien n’échappe à la critique (ou si peu). Il suffit pourtant de tendre l’oreille pour entendre, dans le même temps, des professeurs témoigner de leur goût d’enseigner, et des élèves de leur envie d’apprendre. Depuis l’étranger, on continue de s’arracher les étudiants « made in France ». C’est ce paradoxe que nous vous proposons d’interroger.

Journalistes, pourquoi tant de haine(s) ?

Avec Claude Askolovitch, Florence Aubenas, Clémentine Autain, Aurore Bergé, Rémy Buisine, David Dufresne, Patrick Eveno, Raphaël Garrigos, Alexis Lévrier, Céline Pigalle, Isabelle Roberts.

La défiance vis-à-vis des journalistes ne date pas du mouvement des « gilets jaunes ». Mais la caisse de résonance des réseaux sociaux et l’impression d’un entre-soi médiatique ont fait monter la haine. Pourquoi les médias sont-il vus par beaucoup comme des relais du pouvoir ? Pourquoi certains ne s’y sentent-ils plus représentés et vont se tourner vers des médias alternatifs ? Comment les journalistes peuvent-ils retrouver la confiance des citoyens ? Comment résister aux réseaux sociaux ?

Les journalistes sont-ils au-dessus des lois ?

Avec Philippe Bilger, William Bourdon, Jean-François Copé,  Julien Dray, Nicolas Forissier, Violette Lazard, François Saint Pierre, Arnaud Schwartz.

Des personnalités condamnées sur la place publique avant même d’être jugées par un tribunal, des journalistes qui s’autorisent à s’affranchir de tous les secrets (fiscal, des affaires, de l’instruction, médical, etc.), des chroniqueurs judiciaires qui laissent libre cours à leurs convictions et/ou leurs émotions… Les journalistes en font-ils trop, sont-ils au-dessus des lois, et faut-il, in fine, instaurer une justice ordinale pour les journalistes ?
Avocats, magistrats, hommes politiques et journalistes vont en débattre sans tabou.

Pourquoi les questions de genre nous passionnent

Avec Marc Bassets, Françoise Bouyer, Marlène Coulomb-Gully, Eric Deschavanne, Thierry Hoquet, Fanny Lignon, Gaël Pasquier, Laurent Sciamma, Najat Vallaud-Belkacem, Catherine Vidal et Mona Zegaï.

On ne naît pas femme, ni homme : on le devient. Mais comment? Il y a la biologie, bien sûr. Mais l’identité « fille » ou « garçon » se construit aussi en intégrant les valeurs et les rôles que leur assigne la société. Quelles sont les parts de l’inné et de l’acquis dans ce processus?  Le rôle de l’école, de la famille ? Pourquoi les études de genre, abusivement nommées « théorie du genre », dérangent-elles à ce point ? Quelle souffrance vivent ceux qui sont nés « dans le mauvais corps », comment les trans sont-ils aujourd’hui acceptés par notre société? Saviez-vous que les inégalités de genre se cachent aussi dans les jeux vidéo ? Le genre dans tous ses états.

Quand journalistes et écrivains inversent leurs rôles

Avec Christophe Boltanski, Emmanuel Carrère, Javier Cercas, Christophe Dabitch, Valentine Gay, Philippe Jaenada, Philippe Lançon, Grégoire Leménager, Alexis Lévrier et Judith Perrignon

Avec De Sang-froid (1966), sous-titré « récit véridique d’un meurtre et de ses conséquences », Truman Capote marque une date dans l’histoire de la littérature : son roman n’est composé que de faits réels. Durant ces mêmes années 1960/1970, le Polonais Ryszard Kapuscinski, depuis ses postes de correspondant en Afrique, écrit les grands reportages qui le consacreront comme une idole du journalisme. On a découvert après sa mort que nombre de ses articles étaient émaillés de faits inventés…

Pendant longtemps, le journalisme et la fiction ont suivi des chemins séparés. Le Zola de Germinal n’était pas le Zola de l’Aurore. Aujourd’hui, les frontières se brouillent. Cela vaut pour le meilleur. Philippe Lançon, Florence Aubenas sont des journalistes dont les récits, Le Lambeau ou Le Quai de Ouistreham, sont aussi de grandes œuvres littéraires. Comme certains livres d’Emmanuel Carrère sont aussi de grandes enquêtes journalistiques. A l’heure où les réseaux sociaux sont envahis de « fake news » (ou infox) inventées par des faussaires imaginatifs et manipulateurs, cela vaut aussi parfois pour le pire. Où est le réel, où est la fiction ? Où est le journalisme ? Où est le roman ? Nous avons neuf événements pour chatouiller ces limites.

Tunisie : attention, chantier !

Avec Olfa Belhassine, Akram Belkaïd, Farah Hached, Malek Khadhraoui, Selim Kharrat, Khouloud Mahdhaoui, Rim Mathlouthi, Walid Mattar, Messaoud Romdhani, Hoda Saliby

Huit ans après la révolution de 2011, la Tunisie tient à la fois du miracle – le seul des « printemps arabes » qui poursuive sa transformation démocratique – et de la frustration, celle de millions de Tunisiens qui sont toujours dans l’attente des fruits économiques et sociaux de la fin de la dictature. Les mutations sociétales, culturelles, écologiques ou économiques en cours font de la Tunisie un formidable laboratoire au cœur de la Méditerranée, qui n’a pas fini de nous surprendre.

« Des journalistes de presse écrite, soulignent les organisateurs, de radio, de télé, du web, des artistes, des acteurs de l’actualité, des photographes, des experts, des témoins viennent à votre rencontre cet été.Trois jours de rencontres, d’ateliers et de rendez-vous festifs pour comprendre le monde comme il va. Les 12, 13 et 14 juillet, dans un petit village au bord de l’eau, venez discuter de l’actualité sans tabou, dans une ambiance conviviale et un cadre exceptionnel. »

Le festival est organisé par l’association Journalistes en festival, avec les équipes des titres du Groupe Le Monde, associé à d’autres médias et le soutien de partenaires.

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Le Festival International de Journalisme Junior.

En parallèle avec le festival des « grands », La P’tite Rédac accueillera les plus jeunes à partir de 4 ans.

Les enfants se transforment en véritables journalistes et s’exercent au photoreportage, à l’interview, au dessin de presse, au grand reportage… Avec la création d’un quotidien Le P’tit Monde.

Et à la Grande Rédac, les adolescents s’essaieront aux nouvelles techniques de journalisme sur les nouvelles plateformes, et en particulier Snapchat. Leurs productions, autour du festival, seront présentées au public en fin de journée sur le grand écran de la place de la Cale.

Animation : Virginie Blanc, Annie Cabrera et Olivier Laffargue.

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