Au festival du Film et Livre d’Aventure, les explorateurs en escale

, par Club de la Presse. Catégorie : Actualité des médias

Festival du film d'aventure, La Rochelle, 2021.

Après une formule confinée en 2020, La Rochelle a retrouvé le Festival du film et du livre d’aventure (FIFAV) pour une 18e édition animée. Dans les travées de l’Espace Encan, on a écouté les anecdotes d’intempéries, bouquiné les récits de voyage et savouré des avant-premières privilégiées parmi 17 000 visiteurs.

Le Festival du film et du livre d’aventure 2021 a ouvert ses portes lundi 15 novembre à La Rochelle dans un format hybride et à l’essai, mixant le présentiel avec quelques retransmissions en ligne. Mais c’est bien à la bibliothèque physique du quai de l’aventure qu’il fallait se rendre pour croiser les auteurs récemment distingués. Cédric Gras a présenté son récit Alpinistes de Staline, Prix Albert Londres 2020, accompagné du documentaire retraçant son itinérance vers les monts d’Asie centrale sur les traces de deux frères, égéries et victimes du communisme. L’écrivain voyageur a évoqué et justifié son attrait pour les pays de l’ancien bloc de l’Est, « qui regorgent d’histoires mais avec lesquels nous sommes encore trop coupés » a-t-il plaidé.

Pour trouver une autre conteuse d’altitude, il suffisait de suivre les bonnets et tenues de montagne. Derrière eux, se cachait Virginie Troussier. La journaliste, distinguée ce même week-end par le prix Jules Rimet, venait défendre son ouvrage sur la tragédie du Freney au Mont-Blanc en 1961. Ou comment une ascension bâtie sur la fraternité a viré à une catastrophe reprise dans les médias internationaux. Au milieu de l’été, un invincible hiver se place dans ces livres témoins d’histoires humaines lointaines mais fidèles au contexte de leur époque.

Les projections ont également émaillé cette 18e édition avec un documentaire sur la surfeuse Justine Dupont, l’adaptation sur grand écran du manga japonais Le sommet des dieux ou encore la retraite hivernale de bergers dans le Caucase.

Temps fort cinématographique de la semaine : l’avant-première samedi soir de La panthère des neiges, version visuelle du livre éponyme de Sylvain Tesson, réalisée par Marie Amiguet. L’affût photographique et incertain d’une reine animale, entouré d’une invitation à la contemplation de territoires préservés. « Un être vous obsède, le monde prend sa forme » écrit Sylvain Tesson, posté depuis des jours dans le royaume de la panthère invisible. Vincent Munier, photographe et initiateur de l’aventure, et Marie Amiguet étaient malheureusement absents puisque cas contacts, mais de passage en visioconférence. « C’est difficile de partager l’émotion avec une photo. Nous, on est des passeurs qui essayons de transmettre la beauté qui nous émerveille » a livré Vincent Munier. Les spectateurs ont semble-t-il été assez réceptifs à l’œuvre, lui accordant le Grand prix du public.

L’invitée d’honneur du FIFAV 2021, Caroline Riegel, est quant à elle venue présenter Zanskar, les promesses de l’hiver le dimanche après-midi. Dans ce documentaire diffusé prochainement sur Arte, elle dresse le portrait d’une communauté de nonnes de culture tibétaine dans le nord de l’Inde. Une projection qui a fait salle comble.

Le palmarès a distingué Le mur de l’ombre Grand prix du festival 2021. Le documentaire d’Eliza Kubarska, réalisatrice polonaise, capte l’histoire d’une famille de sherpas népalaise, tiraillée par une question : faut-il gravir une montagne sacrée et jamais foulée par le pied humain ? Des tourments contemporains et universels qui ont fait le sel des récits de cette édition, dont l’association organisatrice s’est réjouie pour la richesse des rencontres retrouvées.

Maxime Giraudeau

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