Frank Niedercorn : journaliste… sinon rien !

, par Caroline SICARD-EVRARD. Catégorie : En vue

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Frank Niedercorn, 55 ans, a rejoint le conseil d’administration du Club de la Presse de Bordeaux, en tant que vice-président, depuis 3 ans. Rencontre avec ce spécialiste de l’innovation pour le journal Les Echos. (Photo Pierre Sauvey)

« Je ne sais rien faire d’autre que du journalisme », confie Frank Niedercorn. Pourtant ce n’était pas gagné au départ  : « J’étais du genre glandeur sympathique au lycée. » Mais quand il rencontre pour la première fois, un journaliste aux portes ouvertes du lycée, l’idée fait vite son chemin. Et quand il va, pour la première fois, à Europe 1, il y a 35 ans, et qu’on lui tend le paquet de dépêches, la fibre est bien là. Mais cela ne va pas être si facile. Il loupe deux fois le concours d’entrée aux écoles. Tenace, il fait des stages au Matin de Paris, à l’Argus. Il réalise également deux ou trois reportages à l’étranger (Turquie). Frank, très intuitif, est bien parti !

D’un abord timide, cet éternel optimisme va s’adapter aux besoins des rédactions. A l’époque, la presse informatique recherche beaucoup de pigistes, c’est ainsi qu’il entre à Décision Informatique, en 1987, où un collègue lui donne un conseil : « Tu n’auras besoin que de connaître 5 ou 7 termes techno, pour le reste c’est facile. » Comme Frank est curieux, « la qualité intrinsèque du journaliste », il apprend très vite. D’ailleurs, tout au long de sa carrière, il se forme : «  J’ai dû faire toutes les formations du CFPJ » : Surtout : « Chaque mentor que j’ai rencontré sur mon chemin m’a apporté quelque chose. Il y a toujours une expérience à en tirer. »

Il sera ensuite embauché à 01 Informatique où il devient chef de rubrique. Il s’occupe des reportages chez les utilisateurs, puis gère la rubrique Business.

En 1995, comme il a fait le tour du secteur, il décide de partir, et se dirige dans la presse économique. Frank Niedercorn pige alors pour Capital, fait des remplacements au Figaro pour la rubrique high-tech, puis aux Echos, pour réaliser des enquêtes. Il y rentre en 1999. Très rigoureux, il monte les grands dossiers traitant de l’industrie. En deux trois ans, il acquiert une bonne culture générale économique, et embrasse tous les sujets qui concernent l’innovation. Il participe à la création d’un supplément, qui passe en hebdo puis en pages quotidiennes. Il devient ainsi un observateur attentif de l’actualité de l’innovation. Il décortique les concepts. Comment cela se traduit pour les entreprises, quelles conditions doivent-elles mettre en place pour que cela fonctionne bien. Comment favoriser l’innovation…

En 2006, changement de région. Il suit sa femme et ses deux enfants à Bordeaux. Il continue de faire la navette à Paris pendant trois ans. Puis il prend la place d’un correspondant qui a démissionné. Tout en gardant les sujets liés à l’innovation, il élargit son champ d’action au vin. Il se trouve dans la bonne région !

Autre talent qu’il a développé depuis dix ans : l’animation de débats où il sait établir le contact avec l’ensemble de ses interlocuteurs.

En tant que formateur à l’IJBA, il se rend bien compte des évolutions radicales du métier. « Aujourd’hui, il faut s’adapter encore plus qu’avant, et on ne travaille plus de la même façon avec les nouveaux supports. » Autre qualité indispensable pour lui : le sens critique. « Les journalistes sont les mieux placés pour produire de l’information. L’information a un coût, il faut être prêt à payer pour avoir une info de qualité. » Tout est dit !

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