Jeudi 21 janvier 2010
François Fill
"Internet est devenu un outil essentiel au même titre que l'électricité, y accéder à un tarif abordable et à haut débit est un impératif de justice sociale", a déclaré François Fillon lors d'une visite du siège de Dassault Systèmes à Vélizy, dans les Yvelines. "Je souhaite que d'ici six mois, tous les opérateurs qui le souhaitent puissent proposer une offre sociale spécifique pour permettre aux foyers les plus modestes d'accéder à internet dans des conditions attractives. Cette offre sociale devrait être aux alentours de 20 euros", a-t-il détaillé. "A cette fin, j'ai demandé au ministre de l'Industrie de mener les consultations nécessaires pour engager une modification du code des postes et communications électroniques, afin de permettre d'offrir à tous les opérateurs la faculté de mettre en place une telle offre sociale."
Selon une étude du Credoc, seuls 22% des foyers ayant un revenu inférieur à 900 euros téléphonent via une "box" -entraînant des communications moins chères- contre 62% des personnes ayant des revenus supérieurs à 3.100 euros. Désireux de développer l'internet à très haut débit en France, le Premier ministre a présenté lundi 18 janvier les modalités du déploiement sur le territoire français de la fibre optique. Le gouvernement s'apprête à engager 4,5 milliards d'euros du grand emprunt pour le numérique. Vantant un "effort considérable" pour le développement de la toile, le Premier ministre a déploré que jusque-là, la France ait investi "deux fois moins que les autres pays les plus avancés de l'OCDE" dans ce domaine. "Ce sous-investissement a des conséquences économiques: il explique 60% de notre écart de croissance avec les Etats-Unis depuis 2000, et il a des conséquences sociales. On peut considérer que par ce sous-investissement nous nous sommes privés d'un potentiel de 300.000 emplois", a-t-il lancé.
Ce budget de 4,5 milliards (2 milliards pour le très haut débit, 2,5 milliards pour les usages et contenus) transitera par un nouveau "fonds pour la société numérique", piloté sous l'autorité de Matignon par René Ricol, chargé de la mise en place du grand emprunt. A propos du développement du très haut débit dans les grandes villes, François Fillon a annoncé que le gouvernement avait homologué la décision de l'Arcep (l'autorité de régulation des télécoms) d'autoriser les opérateurs à financer eux-même le déploiement. "Désormais, je souhaite que l'accent soit mis sur les zones les moins denses, et que les acteurs disposent avant l'été d'orientations claires sur les règles du jeu qui y prévaudront", a-t-il ajouté, annonçant l'élaboration prochaine d'un "programme national de déploiement du très haut débit". Pour faire arriver l'internet dans les zones moins peuplées -et donc moins rentables- le gouvernement prévoit un partenariat public-privé. "Il y aura des appels à projets ouverts, région par région, pour bénéficier de prêts et d'un label", a détaillé le Premier ministre. Enfin pour les zones très peu denses, des subventions pourront être attribuées. Une solution satellitaire sera privilégiée dans les secteurs les plus reculés.
Nicolas César
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