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Le député socialiste Arnaud Montebourg se paie TF1
Le député socialiste Arnaud Montebourg se paie TF1
Mercredi 06 octobre 2010
Le député socialiste Arnaud Montebourg s'en est pris récemment à TF1, l'accusant d'être une "chaîne à tradition délinquante par rapport à ses obligations" et de bénéficier de "privilèges injustifiés". "Voilà une chaîne qui s'adresse à presque la moitié des Français, qui dispose d'un quasi-monopole et qui a réussi en quelque sorte à circonvenir toutes les autorités et les contre-pouvoirs qui pouvaient lui demander des comptes", a affirmé le dirigeant socialiste lors d'un "Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France". Affirmant que le Conseil supérieur de l'audiovisuel "passe son temps depuis des années à la rappeler à l'ordre", il a lancé : "C'est une chaîne, j'allais dire, qui a une tradition délinquante par rapport à ses obligations réglementaires". "Comme les routes, les routes hertziennes dans l'air appartiennent à tout le pays" et "nous sommes en droit de poser quelques questions à ceux qui utilisent de façon contestable ce domaine public", a encore fait valoir le député de Saône-et-Loire. "Regardez le nombre de meurtres, de viols, de crimes qui sont mis en scène, scénarisés dans toutes les séries, les films qui sont choisis par cette chaîne !", a-t-il poursuivi. Alors qu'elle a été "privatisée sur un contrat, le mieux-disant culturel", "il y a une sorte d'escroquerie finalement", a-t-il jugé. Arnaud Montebourg a suggéré qu'on remette en concurrence la concession accordée à TF1. Le "renouvellement automatique" de cette concession a été décidé "par la droite comme beaucoup d'avantages et de privilèges", a-t-il accusé. Pour lui, "ce sont des privilèges injustifiés de la part d'une chaîne qui ne fait pas son travail, ne respecte pas ses obligations". "C'est comme si on confiait à une société d'autoroute privée le soin d'exploiter nos autoroutes et qu'elle ne bouchait pas les nids-de-poule", a-t-il encore dit. Dans un documentaire de Pierre Carles, le député avait récemment qualifié TF1 de "télé de droite" et déclaré à l'équipe : "C'est le moment de taper sur TF1, c'est pour cela que je vais vous donner un coup de main".
Le PDG de la Une, Nonce Paolini n'a pas tardé à lui répondre. Dans un courrier envoyé à l'AFP, il écrit : "Savez-vous que TF1 reçoit chaque année depuis sa privatisation un satisfecit du CSA pour le respect de ses obligations et de son cahier des charges ? Savez-vous que, depuis sa privatisation, TF1 a investi plus de 5 milliards d'euros dans la création française et 650 millions dans le cinéma français ? Qu'en 15 ans, ce sont 2 milliards d'euros de taxes en tous genres qui ont été acquittées par TF1, dont des dizaines de millions d'euros pour la Presse, les Radios associatives et France Télévisions ? Savez que nos Journaux Télévisés invitent chaque saison une cinquantaine de dirigeants politiques de tous bords et consacrent quelques 950 sujets à la politique dans le respect des règles du CSA ?" La contre-attaque du patron de TF1 s'achève par un cinglant : "Je n'attends pas de vous que vous présentiez vos excuses à la chaîne, pas d'avantage à ses 4000 collaborateurs qu'à ses téléspectateurs... mais je ne saurais trop vous conseiller de réfléchir à la manière dont vous semblez concevoir votre engagement politique." "C'est une défense laborieuse, embrouillée et poussive d'une chaîne qui a perdu 20% d'audience en quinze ans et qui, d'une certaine façon, est largement désavouée par le public français", a rétorqué Arnaud Montebourg.