La presse papier a “Vraiment“ ses chances

, par Club de la Presse. Catégorie : Médias actu

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Un nouveau titre verra le jour le 21 mars, avec 84 pages en quadrichromie et sur papier de qualité. Le numéro zéro de Vraiment vient d’être présenté à l’IJBA, après avoir été testé dans plusieurs villes de France. A la Une, un dossier sur les « Espèces en voie de disparition » : il ne s’agit ni d’animaux, ni de la presse écrite, mais de l’argent liquide, remplacé peu à peu par la numérisation

« Ces dix dernières années, on a assisté à toutes sortes de discours sur l’avenir de la presse, mais il reste de l’espace pour les magazines papier. » En accueillant les auteurs d’un nouveau journal national, devant ses étudiants de première année, Arnaud Schwartz, le directeur de l’Institut de Journalisme Bordeaux/Aquitaine (IJBA) a rappelé d’autres titres : Ebdo ou Far Ouest nés en quelques mois.  « Il se passe des choses dans les kiosques, notera-t-il, les habitudes de lecture ne sont pas rompues comme on a pu le dire dans le passé. Aucun nouveau médium n’a tué les précédents, il restera une place et un public pour la presse papier. »
La concurrence des moyens numériques ne menace-t-elle pas les formes de présentation plus anciennes ? Jean Berthelot, l’un des collaborateurs de Vraiment et enseignant à l’IJBA ne le croit pas. « On a besoin d’informations longues, au moment où l’information courte se développe. Je trouve cela rassurant pour nous, journalistes professionnels, et aussi pour vous qui arrivez dans le métier. »
Pour lui, l’idée qu’Internet puisse tuer l’info longue appartient au passé. Même démarche chez Jules Lavie, ancien journaliste de France Info, fondateur et directeur de la rédaction du nouveau titre. « Pour moi, la radio est un media super sympa et rapide, mais sur des sujets où il faut approfondir, comme par exemple le terrorisme, il faut du texte et du papier. »

Les faits sont sacrés

La sortie du numéro un de Vraiment est pour le 21 mars. Il aura 84 pages, en quadrichromie et papier de luxe, sera hebdomadaire et compte actuellement huit rédacteurs. « Toute la partie magazine va être faite par des pigistes, indique Isabelle Dedieu, et le journal comporte trois grandes promesses : traiter l’actualité chaude, en commun avec le journal Ebdo ; offrir un format et une présentation assurant un plaisir de lire, et une dimension éditoriale « apolitique ».
C’est Jules Lavie qui définit cette ligne pour le moins controversée dans les médias. « Par exemple, dit-il, je travaille avec une journaliste du Parisien, je ne sais pas pour qui elle vote et je m’en fous. Ce qui nous intéresse, c’est la rigueur et les choix journalistiques des sujets. » A une étudiante qui lui demande « s’il s’agit de supprimer les opinions ? » il répond que « non, c’est seulement que l’on ne va pas s’engager, mais que l’on représentera toutes les opinions, en mettant l’accent sur le reportage, l’analyse et le recul. » Il met en exergue « la devise adoptée par le journal Sud Ouest : les faits sont sacrés, les commentaires sont libres ». A un étudiant qui interpelle : « Pourquoi le nom d’Emmanuel Macron apparaît plusieurs fois dans le numéro zéro ? », il répond en souriant : « Parce qu’il est président de la République. Dans quelques années, on en mettra un autre… »
Restent les problèmes économiques. Editer un journal papier de qualité, cela coûte cher. « Comment comptez-vous parvenir à l’équilibre ? » demande Marie-Christine Lipani de l’IJBA. « L’objectif d’ici deux ans est d’atteindre 40.000 exemplaires. » Il y a plusieurs offres d’abonnements « car l’idéal serait d’avoir beaucoup d’abonnés… » Le journal vise les « trentenaires » et dans les enquêtes sur les attentes des lecteurs menées dans plusieurs villes en février, les premiers abonnés sont des 25-34 ans urbains.

PRATIQUE
Vraiment, tous les mercredis dans les kiosques à partir du 21 mars, 84 pages, 4,50 euros.
Au sommaire : rubriques « France », « Economie », « Monde » et « Sciences », puis « Au calme » regroupant Mieux Vivre, Culture, Jeux vidéo, Web, etc.
Numéro zéro accessible dans 18 kiosques, voir sur www.vrmt.fr
Directrice de la communication : Amélie Chabrol, mail amelie.chabrol@vrmt.fr
Tél 06 60 94 48 83
Chargée de communication : Jeanna Henni, mail jeanna.henni@vrmt.fr

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