Quel avenir pour l’information ?

, par Club de la Presse. Catégorie : actualités des médias à supprimer, Actualité des médias, Communiqués, Choix du Club, Profession

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Les habitudes de consommation de l’information ont été largement bousculées par la crise sanitaire du Covid. L’audience sur les supports numériques témoigne d’une croissance qui ne s’essouffle pas depuis le 1er confinement. Selon le Baromètre des effets de la crise sanitaire sur le secteur audiovisuel de mars 2021, du CSA (1) ; les applications des éditeurs connaissent même une hausse de 7% de leur utilisation entre février 2021 et mars 2021. De plus, la manière d’informer, elle-même, a évolué. Elle se positionne au plus proche des préoccupations récentes de la société.

L’utilisation du temps consacré à l’information déformée depuis le 1er confinement

Le temps d’écoute quotidienne, le choix du support d’information, la manière d’incorporer l’actualité… c’est le système de transmission de l’information qui est en pleine (ré)adaptation.

Tout d’abord, le rapport des Français à la télévision a bien changé. La prouesse technique que l’ensemble des habitants de l’hexagone s’arrachait dans les années 50, n’est plus si impressionnante. Sa consommation est en baisse depuis des années. Et même après un enthousiasme regagné lors du 1er confinement, il était largement plus faible en ce mois de mars 2021 malgré le début d’une nouvelle ère de restrictions sanitaires.

Les Français semblent pourtant rester attachés à leur moment d’information apporté grâce aux JT télévisés. En effet, ce pic d’audience, quant à lui, reste stable année après année.

De plus, l’ère numérique et la situation sanitaire actuelle ont évidemment favorisé l’essor de la vidéo à la demande (VàD). 16% de la population française, soit 8,3 millions d’habitants, consultent au moins une fois par jour une plateforme de vidéo à la demande, selon le baromètre des effets de la crise sanitaire sur le secteur audiovisuel de mars 2021 du CSA (1). Un constat qui reste peu surprenant mais dont la répartition de la popularité des acteurs a évolué. Bien que le leader incontesté du domaine soit Netflix, ce dernier est passé d’une part d’audience de 87,5% en mars 2020 à 63,1% en mars 2021, sur les 24-35 ans. Cette part, c’est désormais Disney + qui la détient. La preuve que le temps et les tendances lèvent souvent le voile sur une vulnérabilité que l’on ne soupçonnait pas, et induisant ainsi une nécessité de renouveau.

Les nouvelles tendances de consommation soutenues par le numérique et les préoccupations récentes

A contrario du désintérêt progressif de la télévision surtout de la part des publics plus jeunes, les applications de radios conservent, quant à elles, un usage très stable, et ce sur toute la période depuis le 1er confinement. Une démonstration là, peut-être, que les habitudes de consommation de l’information ont changé durablement et se concentrent désormais sur un support numérique. Bien que cette tendance soit loin d’être un scoop et que beaucoup de médias se préparaient déjà à digitaliser considérablement leurs contenus ; le Covid a sans conteste précipité cette tendance.

Certains diversifient amplement leur offre d’information en suivant les nouvelles tendances de consommation qui se dessinent. C’est notamment le cas de La Tribune qui « devient 100% audio-augmenté » (2) à partir du 21 juin prochain. L’engouement autour de l’audio et du podcast n’est plus à remettre en question. Il devient même nécessaire de s’y pencher. L’héritier de la radio est en énorme « boom ». Afin de proposer un contenu en adéquation avec les nouvelles tendances et attentes des consommateurs, La Tribune a donc décidé de se réinventer. Le média permettra bientôt à son auditoire business de s’informer d’actualités économiques tout en se déplaçant, par exemple. La sortie de la nouvelle version de leur Quotidien Numérique, permise grâce au partenariat avec ETX Studio, induit ainsi une nouvelle expérience utilisateur.

Ce constat sur la nouvelle tendance de s’informer passe aussi par l’analyse des investissements publicitaires dans les médias. « Le total des IP bruts en télévision pour le mois de mars 2021 est en hausse de 0,2 % par rapport à 2019 et en hausse de 29 % par rapport à 2020 » (1). Ce sont évidemment des chiffres encourageants, sachant que les publicités de cinéma ne font plus partie de ces investissements depuis leur fermeture prolongée due à la situation sanitaire. Parmi ces investissements publicitaires, on observe alors que les secteurs du tourisme et de la restauration ont drastiquement diminué leurs investissements tout comme celui des transports et de l’automobile, comparé aux investissements des annonceurs de ces mêmes secteurs en 2019. A l’inverse, les domaines de la santé et des services ont davantage investi.

La crise sanitaire aura rendu évident les deux constats suivants. La premier : les médias se doivent tous impérativement de développer une version digitale de leurs contenus. Si certains en doutaient encore, il n’est désormais plus permis d’hésiter. Le deuxième concerne les annonceurs. Ces derniers adaptent très rapidement leurs dépenses publicitaires en fonction des priorités sociétaires. A savoir qu’aujourd’hui, la santé, l’humain et les services sont les plus plébiscités. Les mentalités changent et la manière de dépenser aussi. Si les Français désirent s’informer davantage sur un domaine qui prend tout son sens aujourd’hui suite à un stimuli important, alors les annonceurs pousseront de plus belle leurs messages à ce propos.

Kim Gaborieau

Sources

Baromètre des effets de la crise sanitaire sur le secteur audiovisuel de mars 2021, du CSA : Baromètre des effets de la crise sanitaire sur le secteur audiovisuel impact sur les audiences des groupes audiovisuels et marché publicitaire – Mars 2021

RévoluSON : La Tribune devient 100% audio-augmenté en nouant un partenariat stratégique avec ETX Studio, Communiqué de presse de La Tribune, du 21 avril 2021 : CP ETX STUDIO x LA TRIBUNE

 

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